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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 20:57

Qui était Pita Poosen ?

 

 

Pierre Gousenbourger, qui adorait rebaptiser son entourage, n'appréciait pourtant pas d'être appelé Pita Poosen ...

 

MLH, qu'il appelait Marie-Jeanne et non Marie-Louise, se rappelle notamment que les garçons, dont deux frères Velleur, aimaient se cacher derrière un mur pour entonner joyeusement à l'approche du vieil homme : Pita Poosen, Pita Poosen, Pita Poosen ! avant de prendre la poudre d'escampette. Ce qui n'eut guère l'heur de plaire au Pierre Gusenburger...

 

Par chez nous, tout le monde sait que Pita ou Piter n'est que la version germanisée de Pierre. En fait, le Pierre Gusenburger n'était pas Français à la naissance. Bien que né à Hestroff en 1844, son père était un étranger. Oh, il ne venait pas de bien loin le papa, mais là où il était né, à Fitten, un quartier de Merzig, appartenait à la Prusse depuis 1815. Natif de ce coin de Lorraine arraché à la France suite à la défaite de Napoléon 1er, le papa était désormais étranger sur ses propres terres et son fils, même né à Hestroff, devait  attendre sa majorité pour redevenir Français. Ce qu'il fit d'ailleurs. Comme le prévoyait l'article 9 du code Napoléon, Pierre s'était présenté à la mairie de Hestroff le 2 janvier 1864 pour y déclarer avoir l'intention de se fixer en France afin d'y retrouver la nationalité de ses ancêtres. En ce qui concernait son patronyme, le secrétaire de mairie avait déjà poussé le zèle de transformer le trop germanique Gusenburger en lui rajoutant des o pour rendre sa graphie plus francophone tout en en respectant le son original. C'est qu'à Hestroff, on était passé maître en matière de francisation des noms de famille. Il n'y a qu'à retourner deux siècles auparavant pour s'en rendre compte.

 

PitaPoosen.... Donc Pita c'était Pierre. Mais Poosen ... ?

 

Le visage de MLH s'éclaire. Elle nous raconte. . Le PitaPoosen adorait évoquer, à qui voulait bien l'écouter, ses exploits de soldat dans une contrée lointaine qui appartenait dans ces temps-là à la Prusse. Il s'agissait du Grand Duché de Posen (en allemand : Großherzogtum Posen; en polonais : Wielkie Księstwo Poznańskie), qui faisait partie de la Prusse orientale au même titre que d'autres grandes zones qui sont désormais en Pologne depuis 1918.

En 1815, la terrible Prusse, ne s'était pas contentée de nous piquer nos terres sarroises mais par les accords dérivés au Congrès de Vienne s'était servi une grande part du gâteau polonais. Le Kaiser s'était même octroyé le titre de Grand Duc de Posen même si ce Grand-Duché fut officiellement remplacé par la province de Posen dans la constitution prussienne du 5 décembre 1848.

 

Pologne-histoire-1815.gif

Ainsi donc, Pita est devenu Posen ou Poosen en traînant un peu sur la première syllabe. Il avait tant seriné son entourage avec son épisode Posen que les gens avaient fini par lui coller ce sobriquet car il fallait bien le distinguer de tous les autres Pierre du village, tant ils étaient nombreux (rien qu'au nombre de 19 au tournant du 20e siècle).

 

Certes, nous ne savons pas quand PitaPoosen a effectué son service militaire. Probablement, après 1870. Quelques décennies plus tard, de 1914 à 1918, il aurait été trop vieux pour aller combattre sur les fronts de l'Est. Par contre, à son retour, on l'aurait probablement appelé Piotr Poznan ...

 


 

 

 

 

 


 


 


 



 


 


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commentaires

Jean-Luc 04/12/2012 21:15


Un petit point à préciser, si, toutefois, "Poosen" dérive effectivement de Poznan (ville, jumelée avec la mienne, ou j'ai fait des voyages humanitaires au moment de la chûte du "Mur"), alors ce
n'est pas en Prusse-Orientale, qui elle est plus au Nord-Est, et où mon papy Nicolas a fait son armée en 1903, dans l'actuelle Kaliningrad (qui était alors Köningsberg, la ville de Kant).


Et celà  avant de remettre ça en 14/18 à Verdun, quand il n'avait vraiment déjà plus l'âge de jouer les petits soldats !


Le "Reichsland" Elsass-Lothringen étant "terre d'empire", c'est-à-dire sous la coupe du Kaiser élu à Versailles, soit le roi de Prusse, il est évident que les jeunes soldats d'Hestroff ne
servaient que dans une provine prusse, et en aucun cas en Bavière, ou dans le Brunswick ou dans le Holstein, qui avaient des souverains et une nationalité différents. Voilà, en somme pourquoi,
les jeunes hommes d'Hestroff ont accompli leurs oeuvres militaires au plus loin de leur foyer et ce Pita Poosen n'y a pas dérogé !


Je parie que c'est aussi pour cette raison, à savoir que le "Reichland" Eslass-Lothringen était une possession de la couronne de Prusse, que nos grands-parents et leurs antécédants ont toujours
parlé de leurs dominateurs en les appelant "de preisen" (les Prussiens) et non pas "de daitchen" (les Allemands, dont ils faisaient plus ou moins partie eux-mêmes, tout Français, de
citoyenneté  qu'ils se revendiquaient).


Une démonination qui s'est pourtant confortée dans la période 40/44, alors qu'elle ne se justifiait plus, puisque le "Reich" se revendiquait clairement allemand et que la Prusse n'existait plus !


Pourtant, c'est encore comme ça (Praisen) qu'on a longtemps continué à insulter les Sarrois et qu'on continue à le faire, lesquels, Sarrois, ont eux-mêmes des insultes bien senties à notre
encontre, la cas échéant !


Je suppose que MLH, qui a traversé toutes ces périodes bien troubles, et même dangereuses, avant qu'elles ne soient appaisées aujourd'hui dans l'amitié franco-allemande (ce qui est une réalité,
pas un slogan) a certainement en mémoire de quoi enrichir le sujet, ...et en toute sérénité ....


 


A+


 


.


 


 


 

solnade 05/12/2012 00:26



Tout à fait. Je suppose que ce Pierre Gousenbourger a fait son service militaire après 1870. Le malheureux... Pour quelqu'un qui venait tout juste de retrouver la nationalité française.


Il ne faut pas axer les recherches sur Poosen mais Posen. Le o de la première syllabe est doublé pour bien marquer l'accent de Hestroff dans le cas présent. 


Les gars de Hestroff ont en effet été envoyés dans  l'Oblast de Kaliningrad. A Bialyastok (Mont Blanc polonais) itou,  à la frontière de la Biélorussie ou Russie blanche.  


Ainsi donc tu as été à Posen ou Poznan ? Super !


 



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