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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 00:00

Une des plus remarquables singularités de la ville de Metz, sont les juifs, qui y sont en grand nombre, y ont une synagogue et le libre exercice de leur religion. Il est vrai qu’ils sont resserrés dans une seule rue; mais ils s'y sont tellement multipliés, qu’ils ont élevé leurs maisons à une telle hauteur, et se sont logés si à l’étroit, qu’ils renferment dans cette rue la valeur d’une bonne bourgade. Autrefois on les avait obligé de porter un chapeau jaune ; aujourd’hui on ne les distingue des autres bourgeois de Metz, que par ce qui distingue les juifs dans tous les pays du monde : leur couleur pâle, leur malpropreté, leur barbe, leur puanteur. A Metz, ils portent ordinairement un manteau brun.

 

Autrefois il y avait des juifs à Metz, comme dans la plupart des villes du royaume. Ce n’est proprement que depuis les croisades, qu’on les a chassés de toutes les villes du royaume de France.

 

En 629, ou 630, dans un concile tenu à Reims, auquel Saint Arnould, évêque de Metz, assista, il est beaucoup fait mention des juifs, qui étaient alors en grand nombre non seulement à Metz, mais aussi dans toute la France.

 

En 888, dans un concile tenu à Metz, Guntbert, princier de l’église de cette ville, présenta une plainte par écrit aux évêques assemblés, contre les juifs qui demeuraient à Metz. Il fut défendu aux chrétiens de manger avec eux, et de recevoir d’eux aucune nourriture.

 

En 945, dans une charte d’Adalberon, évêque de Metz, qui rétablit l’abbaye de Sainte Glossinde, on remarque dans le dénombrement des biens de cette abbaye, une vigne que tenait David le Juif, soit qu’il en fut le possesseur ou qu’il en fut simplement le vigneron.

Le même prélat avait une compassion et une bienveillance particulière pour les juifs, qui étaient alors nombreux à Metz ; ce qui faisait même murmurer contre lui les malveillants et les envieux ; mais il souffrit tout cela avec une patience admirable ; les juifs au contraire lui étaient très attachés et très reconnaissants de la bonté qu’il leur témoignait.


Philippe de Vigneule dans sa chronique, fol. 265, verso, dans le dénombrement des tonneaux, telonium, ou péages de la ville de Metz, en 1237, dit que chacun juif qui entre dans Metz doit trente deniers.

 

On remarque aussi qu’en 1320, on accusa les lépreux, qui étaient alors en grand nombre dans le royaume, d’avoir voulu empoisonner les puits ; le complot fut découvert, et on fit brûler les lépreux. C’est ce que marque la chronique de Metz, sous l’an 1320. Adonc furent ars les Musels, ou les lépreux. On crut que les juifs avaient eu part à cette abominable résolution, on en brûla plusieurs, on confisqua leurs biens, et le roi Philippe-le-Long, les chassa du royaume. En 1321, il en fit brûler plusieurs à l’occasion de l’empoisonnement des puits et des fontaines, dont on les accusa de même que les lépreux.


La ville de Metz n’était pas alors sous la domination de la France, mais il y a lieu de croire qu’on n’y fut pas fâché de se défaire de cette odieuse nation et de se saisir de leurs biens.

 

En 1365, le tonnerre étant tombé le dix-sept juillet sur la rue où demeuraient les juifs à Metz, et ayant mis le feu, vingt-deux maisons furent consumées. Les bourgeois s’étant imaginé que c’était un châtiment de la main de Dieu, chassèrent les juifs de la ville ; mais ils leur permirent d’y revenir bientôt après.

 

Toutefois il est certain qu’au quinzième siècle il n’y avait point de juifs établis dans Metz ; car on voit dans les registres de la ville qu’ils n’y entraient que par la porte Serpenoise, qu’ils payaient un denier par tête au profit de la ville, comme il se pratique encore aujourd’hui à Strasbourg et en d’autres villes d’Allemagne.

 

Mais on trouve dans les registres de l’hôtel de ville, du deux juillet 1562, une injonction du maître échevin de Metz, au juif Mardochée, à son serviteur, et à un autre juif nommé Isaac, de sortir de la ville dans la saint Jean lors prochaine.

 

Sur cette injonction ils présentèrent requête au maréchal de la Vieille-Ville, alors gouverneur de Metz, par laquelle attendu l’utilité qu’ils apportaient à la ville et au pays, ils demandaient qu’ils leur fût permis d’y demeurer pour exercer leur trafic de prêt, aux offres qu’ils faisaient de payer deux cents écus d’abord, et deux cents francs messins chaque année au profit des pauvres. Cette requête fut communiquée au commandant, au maître échevin et aux treize.

 

Il fut permis aux familles de Mardochée, Isaac, Michel et Gerson, de demeurer et trafiquer à Metz, à certaines conditions qui furent entr’autres : de ne pouvoir être en plus grand nombre que quatre familles ; qu’ils payeront les deux cents écus par eux offerts et les deux cents francs messins par chacun an ; et qu’ils ne pourraient loger dans les grandes rues, ni prêter à plus haut prix, que d’un denier par semaine ; de ne recevoir des soldats pour gage, aucune arme, sans le congé de leurs capitaines ; de ne vendre ces gages qu’après quinze mois écoulés ; d’assister eux et leurs familles une fois chaque mois, aux prédications qui se font dans les églises de la ville, sous peine de quarante sols d’amende au profit des pauvres ; de ne rien attenter contre le service du roi, ni de la ville, sous peine de confiscation de leur corps et biens. Fait à Metz le six août 1567.


Ayant de nouveau été inquiétés en 1603, ils s’adressèrent à M. le duc d’Epernon, pour lors gouverneur de Metz, qui ordonna le deux janvier 1605, que les huit ménages accordés par le roi Henri III, avec leurs descendants au nombre de cent ving personnes, faisant vingt-quatre ménages, y continueraient leur résidence. On défendit d’y en joindre d’autres, si ce n’est par mariage, et de s’approprier aucun immeuble. On leur permit de trafiquer à honnête intérêt, et que pour le paiement de leur créances, ils seront maintenus à leur rang, au cours de la justice, en payant les droits accoutumés à l’hôpital ; et on mit leurs personnes et leurs biens sous la protection du roi.

 

Cette ordonnance fut confirmée par le roi Henri IV, étant dans sa ville de Metz, le vingt-quatre mars de la même année.

 

Sur de nouvelles plaintes, que firent peu de temps après les bourgeois de Metz au commandant, contre les juifs, il y eut un nouveau règlement le 7 avril 1604, par lequel on fixa leurs intérêts à seize pour cent, la collocation pour leur créance, sur les biens de leurs débiteurs ; on leur défendit d’accepter pour gages aucune chose dérobée, à peine de perdre les deniers prêtés. Ce règlement fut confirmé par lettres patentes de Henri IV, le huit octobre 1603.

 

Le dix-sept janvier 1614, il y eut une ordonnance de M. le duc d’Epernon, qui confirme leur établissement pour cinquante six ménages.

 

Les plaintes que firent les orfèvres de la ville l’année suivante, donnèrent lieu à une ordonnance du maître échevin, par laquelle il leur défendit de faire aucun commerce de billons ; argenteries, ou autres besognes d’or ou d’argent, et leur ordonna de vendre en public, à l’encan toutes les matières, ou les porter à la monnaie, ou aux orfèvres, pour en recevoir le juste prix, sous peine de confiscation.

 

Environ ce temps là, et au commencement du règne du roi Louis XIII, M. Charpentier, président pour le roi dans la ville de Metz, dressa un mémoire pour demander au nom des juifs de ladite ville, qu’on leur fit bâtir aux dépens de sa majesté, vingt-quatre petits logements dans le retranchement, afin de s’y pouvoir loger, en payant par an le loyer de mille écus pour lesdites maisons : attendu que la bourgeoisie de Metz, sachant la nécessité où ils sont de se loger dans des maisons empruntées, leur font payer des loyers exorbitants.

 

On leur assigna donc vers ce temps-là le quartier de Saint Ferroy, sur le bord de la Moselle, en considération du secours qu’ils donnaient aux soldats, des ameublements qu’ils fournissaient aux officiers. Là non seulement ils eurent des maisons, mais même il leur fut permis de les acquérir, sans pouvoir s’étendre au-delà des huit premières familles : alors il en était provenu soixante et seize.

 

En 1624 ils obtinrent de M. le duc de la Valette, alors gouverneur de Metz, la confirmation de leur établissement.

 

Toutes ces différentes confirmations furent suivies de celle que leur accorda Louis XIII par ses lettres patentes de l’année 1652, à la charge par eux d’observer les anciens règlements faits à leur sujet.

 

Après l’établissement du parlement, ils lui présentèrent une requête le 23 octobre 1634 pour l’entérinement de ces lettres patentes.

 

Les corps des marchands orfèvres, merciers, drapiers et autres bourgeois, se joignirent à M. de Madaure, suffragant de l’évêché de Metz, tant en son nom, que de tout le clergé, pour en empêcher l’entérinement. Mais par arrêt du 3 mai 1635 il fut ordonné qu’ils jouiraient du contenu de ces lettres patentes, et à la charge d’observer les règlements qui sont renouvelés par cet arrêt, qui leur permet de trafiquer en toutes sortes de vieilles marchandises ; à condition de payer les charges accoutumées, et de plus, cent cinquante livres par an, pour le pain des pauvres prisonniers ; et faisant droit sur la requête de M. de Madaure, leur défend d’aller par la ville, les jours de dimanches et de fêtes solennelles, leur enjoint de demeurer dans leur quartier sans pouvoir travailler en public.


Le 25 septembre 1657 étant au nombre de quatre-vingt-seize familles, issues des premières, ils obtinrent de Sa Majesté Louis XIV assez longtemps après son avènement à la couronne, des lettres de confirmation de leurs privilèges, et de toutes les permissions qui leur avaient été accordées ; à charge à l’avenir de ne pouvoir choisir un rabbi, ni appeler des juifs du dehors du royaume, sans au préalable obtenir la permission de Sa Majesté. Par ces lettres ils leur fut permis de vendre et acheter toutes sortes de marchandises, en payant le droit de ville, même de vendre de la viande.

 

Il y eut encore opposition à l’enregistrement de ces lettres de la part des marchands merciers, bouchers et députés des paroisses : ils en furent déboutés. Néanmoins il fut fait défense aux juifs de tuer d’autres bestiaux que ceux qui leur sont nécessaires, et il leur fut permis d’exposer en vente seulement les quartiers de derrière, dont l’usage leur est interdit par leur tradition, à cause du nerf que l’ange toucha à Jacob au retour de la Mésopotamie ; de plus, on leur permit d’exposer en vente des viandes impures, dont ils ne mangent point, comme du porc. On leur interdit le commerce des marchandises neuves, et étoffes fabriquées dans la ville de Metz et pays messin ; On leur permit toutes les autres, à la charge d’en trafiquer comme marchands forains, en payant les droits de la maltôte. On leur défend de faire des amas de blé et de vin, et on les assujettit à la visite des marchands.

 

En 1670 un enfant chrétien étant trouvé mort dans un bois du côté de Boulay, un juif nommé Raphaël, du village de Chlincourt, fut accusé de l’avoir soustrait et tué, et d’avoir ouvert ses entrailles pour le faire servir aux superstitions des juifs. La jalousie des chrétiens se réveilla, et l’on voulut faire retomber sur tous les juifs qui sont à Metz, le crime du particulier. Celui-ci fut condamné par arrêt du 16 janvier à être brûlé vif, et ordonné qu’il serait informé des autres crimes, profanations et usures, dont on accusait les juifs. Après les informations, il y eut un autre arrêt qui condamna Mayeur Schaulte et Abraham Spiré, à des restitutions pour usures. Cet arrêt fut suivi d’un règlement du 6 septembre 1670 qui leur enjoint de faire la vente des gages en public, et d’écrire leurs billets et quittances en français.

 

En 1674 ils remirent un état de leur nombre, qui montait à cent dix-neuf familles, faisant six cent soixante-cinq personnes.

 

En 1686 intervint arrêt du parlement, pour l’observation du dimanche et des fêtes, dans tout le ressort dudit parlement.

 

Il y eut en 1695 procès entre les marchands merciers de Metz et les juifs, sur lequel intervint arrêt le 16 juillet, qui permit aux juifs de faire dans leurs maisons commerce de toutes marchandises neuves et étrangères, en payant les droits. Les merciers se pourvurent contre cet arrêt au conseil, en cassation ; ils en furent déboutés.


Par tout ce récit, on voit jusqu’à quel point ces quatre premières familles se sont augmentées. En 1698 ils étaient deux cent soixante-quatre ménages, faisant neuf cent cinquante personnes, qu’ils disaient être sortis des quatre premières ; ajoutez trente-deux familles étrangères réfugiées à Metz, après les ravages du Palatinat ; ce qui fait en tout le nombre de douze cents.

 

La multiplication a été encore plus sensible depuis la guerre de 1670. Le ministre de la guerre ayant reconnu l’importance qu’il y avait d’avoir de ces sortes de gens dans Metz, pour la fourniture des équipages et pour la remonte de la cavalerie, envoya un procureur-général faire défense aux juifs de marier leurs filles hors du royaume.

 

En l’an 1698 la récolte modique faisant appréhender une disette, les juifs de Metz firent venir de Francfort six à sept mille sacs de froment à leur compte, ce qui a empêché l’extrême disette dans le pays. Il est vrai qu’ils y ont perdu, peut-être, plus de trente mille livres. Mais cela fait voir quelles sont leurs liaisons, leurs intelligences, leur industrie et l’utilité qu’on en peut tirer dans l’occasion ; et l’empressement qu’ils ont de se rendre utiles, même à perte, dans les nécessités publiques.

 

On ne leur permet pas, non plus qu’aux juifs de la campagne, de posséder aucun immeuble, si ce n’est leurs maisons, qui sont, comme nous l’avons dit, resserrées dans le quartier qui leur est assigné. Ces maisons sont tellement remplies qu’il y a dans chacune jusqu’à douze ou quinze familles ; ce qui joint à leur malpropreté, pourrait quelque jour causer dans la ville des maladies contagieuses, et obliger les magistrats à leur donner un terrain plus vaste.

 

Ils sont très odieux dans le pays par les usures qu’ils exercent envers les gens de la campagne, qu’ils ne pressent pas de payer pour accumuler intérêts sur intérêts, et les réduire enfin à vendre leur fonds et à les ruiner entièrement.

 

La facilité qu’ils ont de voyager sans qu’il leur en coûte rien, parce qu’ils exercent entre eux l’hospitalité gratuitement, fait qu’ils peuvent donner leurs marchandises à meilleur prix que les autres marchands, et y gagner plus que d’autres.

 

Ils sont soumis à l’autorité du magistrat de police, dans ce qui regarde le gouvernement extérieur ; mais dans les affaires qui naissent entre eux, ils n’ont point d’autres juges que leurs rabbis, qu’ils font venir ordinairement de loin, afin que n’ayant point de parents, ils ne favorisent personne, au désavantage d’un autre. Dans les affaires qu’ils ont avec les chrétiens, ils sont traduits devant les tribunaux ordinaires, et quand ils sont obligés de faire serment, ils le font sur le texte de la loi que le rabbi y apporte. Leur langage entre eux est un mauvais allemand, auquel ils mêlent quelques mots hébreux. Leur écriture de même est un allemand corrompu mêlé de termes hébreux, ce qui fait qu’on ne peut que très difficilement découvrir le secret de leur commerce.

 

Leur synagogue n’a rien d’extraordinaire ni pour sa grandeur, ni pour sa beauté, ni pour sa propreté ; les femmes y sont séparées des hommes, et sont placées sur des tribunes, où elles ne sont point vues, mais d’où elles peuvent voir ce qui se dit et ce qui se passe dans la synagogue. On y lit le texte de la loi écrit sur de grands rouleaux de parchemin, écrits d’un seul côté à l’antique. Ils ont une manière de chanter en lisant, et l’honneur de lire le texte sacré s’achète à qui plus. Le rabbi explique ce qui a été lu. Ils font des prières pour les princes, pour les magistrats (1). On dit qu’ils maudissent les gentils Goim, et on croit que sous ce nom ils entendent les chrétiens.

 

Ils sont grands observateurs de certains préceptes extérieurs de la loi de Moyse, par exemple du repos du sabbat et de l’abstinence de certaines viandes ; mais ils sont aussi peu fidèles à l’égard des préceptes essentiels, qu’ils l’étaient du temps de notre seigneur Jésus-Christ. Aussi sont-ils décriés partout pour leur usure, pour leur infidélité dans le commerce. Ils désignent ordinairement les chrétiens sous le nom d’Edomiens, ou d’Iduméens.

 

Notice de la Lorraine, de Bar et du Luxembourg, tome II, par Dom Calmet, 2e édition, Lunéville 1840

 

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(1) Ce paragraphe sera presque entièrement repris par Mathias Robert de Hesseln dans son dictionnaire universel de la France

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 00:00
Il y a dans la ville de Metz une communauté d’environ 3000 juifs que l’on y tolère. Ils occupent un quartier séparé & limité à la droite de la Mozelle, près du retranchement de Guise.

Leur nombre étant devenu beaucoup plus considérable qu’il n’était autrefois, ils sont obligés d’élever leurs maisons jusqu’à cinq & six étages pour pouvoir se loger. Ils ont une magnifique boucherie sur le bord de la rivière. Il est libre à chaque particulier ou bourgeois de la ville de Metz d’y aller faire sa provision, mais il est défendu aux Juifs de porter de la viande hors de leur quartier pour la vendre ailleurs.

Quant au commerce, ils peuvent faire toute sorte de trafic et l’on trouve chez eux des marchandises de toutes espèces, quoiqu’il ne leur soit pas permis d’avoir des boutiques. Lorsqu’ils sortent de leur quartier, ils sont obligés d’avoir un manteau noir, qu’ils portent ordinairement sous le bras et un rabat blanc. La plupart ont aussi une barbe qui les distingue. Ils ont une synagogue qui n’a rien de remarquable : elle est fort petite et  les femmes y sont séparées des hommes. Elles sont placées dans une salle élevée d’où elles ne sont pas vues, mais où elles peuvent entendre tout ce qui se dit et voir tout ce qui se passe dans la synagogue. On y lit le texte de la loi, écrit d’un côté à l’antique, sur de grands rouleaux de parchemin, qu’ils renferment soigneusement derrière les rideaux d’une armoire ; ils ont une manière de chanter en lisant et l’honneur de lire le texte sacré s’achète au plus offrant : le rabbin explique ce qui a été lu. Ils font des prières pour le roi, les princes et les magistrats (1).

Tous les ans au mois de juillet, ils font une assemblée, dans laquelle on procède en forme d’élection, soit pour nommer leurs nouveaux syndics, qui sont ordinairement au nombre de sept, soit pour confirmer les anciens. Ces syndics sont chargés de la police ; ils administrent les affaires de la communauté et  imposent par rôle toutes les sommes nécessaires à leurs charges et autres objets.

Dans les affaires qui naissent entre eux, ils n’ont point d’autre juge que leur rabbin, qu’ils font ordinairement venir de loin, afin que n’ayant point de parents il ne favorise personne ; mais sa décision n’a force qu’autant que les deux parties veulent s’y soumettre. Quant aux affaires qu’ils ont avec les catholiques, ils sont traduits devant les tribunaux ordinaires ;et lorsqu’ils sont obligés de faire serment, ils le font sur le texte de la loi que le rabbin y apporte.

Les juifs de Metz observent des coutumes et usages extraits du cahier qu’ils ont présenté le 2 mars 1743 au parlement de Metz, en exécution des lettres patentes du roi du 20 août 1742, registrées au parlement le 30 du même mois. Ces coutumes ont été lues en l’assemblée des commissaires le 20 février 1744, mais elles ne sont pas encore homologuées (1767).

Mathias Robert de Hesseln, 1771
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(1) Ce paragraphe a été emprunté à
la Notice de la Lorraine, de Bar et du Luxembourg, tome II, écrite par Dom Calmet. Robert de Hesseln en a laissé tomber la dernière phrase. Il a fait un vrai travail de journaliste qui décrit la situation sans être submergé par les préjugés ou des sentiments personnels.
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:47
Des nouvelles qui nous parviennent de Hestroff et de notre journal local, le val de Nied fait son bilan après tempête.

Quelques images impressionnantes sur RL mais aucune victime à déplorer heureusement.

Gisou nous a écrit ce jour :

Un peu de nouvelles après la tornade de dimanche.
C'était très impressionnant car à tout moment tu pensais que la maison allait s'envoler !
Je suis rentrée tard hier soir mais ce soir je vais aller voir ta mère pour voir comment ça se passe et surtout si elle n'a pas de soucis après la tempête, il y a juste pas mal de branches dans le verger à coté de chez ... mais pas d'arbre cassé comme chez la mère de Marie Lyne, chez ... où le sapin est tombé sur le garage, chez Alice ... où l'arbre, qui avait déja pris la foudre, est carrément tombé, chez Mickael, un cerisier coupé à la base etc ... Dominique ... a du boulot en ce moment, il est sollicité de toute part.


Renée nous a écrit hier :

En allant à Bouzonville ,nous avons vu quelques dégâts en face des ... rue des tilleuls (dans le jardin de ... ) il y a deux arbres tombés sur le cabanon. En face de la gare de Freistroff , un gros arbre a de grosses branches cassées ....la Nied est à ras de son lit ...


MLH nous a dit au tél. :

Les meubles de jardin ont fait "koupi danz" et les tuiles de la porcherie se sont envolées. Ton frère complètement inconscient a osé venir me rendre visite par cette tempête...
Il était présent et comme moi il a assisté impuissant à la scène...








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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 19:21
Comme d'habitude, nous déplorerons ne pas être à Hestroff pour le loto organisé depuis quelques années par l'association du Vieux Lavoir, pardon, la nouvelle Amicale des Moulins à Vent de Hestroff.

Le super loto, animé par Denis SCHNEIDER, se tiendra dans la salle communale du Vieux Lavoir à Hestroff. De très nombreux lots à gagner et des beaux ... car l'association n'a jamais ménagé ses efforts pour cette soirée qui remporte un grand succès d'année en année.

Aussi, gardez à l'esprit que l'ouverture des portes du Vieux Lavoir est programmée pour samedi 6 mars 2010 à 19h00. Les jeux débuteront à 20h00 !


Bonne chance à tous les participants !

CHestroff-en-fleurs0016.JPGPlace du Vieux Lavoir à Hestroff


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Aux dernières noulles, le premier prix sera un ordinateur portable. 2e prix un caméscope numérique; 3e prix 150 € en bons d’achat . Une nouveauté à laquelle nous ne comprenons pas grand chose mais à signaler : le "loto perso" pour un bon d’achat de 100 €.
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 00:00
Doyens Casara & PickCamille CASARA & François PICK

C'est en compagnie de leurs enfants et amies que nos doyens sont allés s'encanailler dans la Sarre toute proche.

Camille CASARA, né le 30 janvier 1927,  et François PICK, quatre semaines plus tard, soit le 27 février 1927, sont tous deux descendants des familles les plus anciennes de Hestroff.


Doyens Casara & Pick au BiehlsFamilles et amies entourant les doyens de Hestroff

Camille et François nous sont venus en aide pour reconstituer l'odyssée qu'avait vécue le village lors de l'exode de septembre 1939. Tous les deux, âgés de 12 ans, accompagnaient leurs familles respectives.

Camille, fils de Ernest CASARA et Louise Sophie KIEN, fut hébergé à Saint-Sauveur dans la Vienne où il fréquenta l'école.

De son côté, François, fils de Eugène PICK et Madeleine BERTOLINO,
avait pris congé des gens du village à Montier-en-Der pour s'en aller à Saint-Dizier.

Camille et François, de retour à Hestroff à l'automne 1940, ont été enrôlés de force à l'âge de 16 ans. Leur histoire respective vous sera racontée bientôt. En attendant, souhaitons-leurs une longue et belle vie et un

J o y e u x   a n n i v e r s a i r e  !


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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 00:20
En Jurue

La plus ancienne mention d’une présence juive à Metz remonte au 7e selon Dom Calmet. D'autres sources la mentionnent au 9e siècle. Les traces sont menues, tout d’abord un nom de rue, en Jurue ...
En Jurue... c'est le magnifique roman historique de Jean-Bernard Lang, Sous le sceau de Jeurue, prix Erckmann Chatrian 1997, qui nous a fait découvrir cette rue il y a plus de dix ans. Ce livre que nous avions dévoré, nous l’avons offert à une connaissance bruxelloise - fière d’être un goy féru de culture juive - pour lui servir de livre de chevet lors d'une longue convalescence.

Metz JurueDécembre 2007, marche de Noël à Metz. Seule sous la tempête après avoir égaré les camarades de marche à l'Hôtel départemental ...
En sortant de Sainte-Ségolène... place Jeanne d'Arc... En Jurue !

Ce livre, qui nous a fait découvrir la communauté juive de Metz, est actuellement épuisé aux éditions Serpenoise mais nous ne désespérons pas de le retrouver sur un marché parallèle dès notre retour au pays ainsi que l'
Histoire des juifs en Moselle, dont la première trace connue date de 888 et on ignore les conditions dans lesquelles ils disparurent, au XIIIe siècle, peut-être même avant dixit son auteur au RL le 21 juillet 2008.

Jean-Bernard Lang  est aussi l'auteur des Fanchen, histoire d'une saga lorraine et d'un livre plus récent Les robes écarlates,

Pour ceux qui s'intéressent à la riche culture juive, nous avons fait l'effort de recopier intégralement certains passages de livres anciens la concernant.

A paraître incessamment...

En attendant, vous pourrez toujours visiter une salle des Musées de la Cour d'or entièrement dédiée à la Communauté Juive de Metz,   visiter en Jurue et la rue d'Enfer la nuit en toute sécurité sans quitter votre fauteuil et même vous cultiver davantage avec de larges extraits d'
Etre juif dans la société française du Moyen-Âge à nos jours avec Béatrice Philippe Larges, même anticiper nos efforts de mettre gratuitement à votre disposition la vision très personnelle qu'avait Dom Calmet des Juifs de Metz.




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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 00:00
Ste-Segolene-Metz-7dec07.jpgSainte-Ségolène - façade - Metz, 7 décembre 2007

L'église Sainte-Ségolène, située sur la colline Sainte-Croix, dans le quartier de l'ancienne ville de Metz, donne sur la place Jeanne d'Arc où aboutit En Jurue.

Une première chapelle fut construite au début du 9e siècle. De la construction primitive ne reste qu'une crypte sous le choeur de de l'église actuelle.
Robert de Hesseln n'en dit pas grand-chose si ce n'est : Sainte Ségolène se donne alternativement au concours &  par le chapitre de la cathédrale.

Ste-Segolene-nef-Metz-7dec07.jpgEglise Sainte-Ségolène - choeur à une travée et nefs latérales - Metz, 7 décembre 2007 -

Style caractéristique du gothique messin du 13e siècle.

Image221.jpgSainte-Ségolène - Chapelle de la Vierge - Metz, 7 décembre 2007

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 17:50

Pour les non abonnés au RL, qui ne sont pas en mesure de lire l'entièreté de l'article paru ce jour, 28 février 2010, il faut savoir qu'une randonnée du patrimoine aura lieu le samedi 6 mars à Hestroff.

Le départ est donné à 14h00 devant la mairie.

Visite du
Vieux Lavoir transformé en salle communale. Présentation de la fontaine ronde dont le chérubin s'est volatilisé. Hestroff-fontaine-ronde-m-nnchen-1.jpgVisite du Fort aux Fresques.


Hestroff-croix-de-la-Peste.jpgSans oublier le magnifique bildstock à l'angle des rues de la Forêt et des Tilleuls.

Le voile sur ses véritables origines est enfin levé.

Gérard Gabet de Hestroff s'est penché sur son passé et sera en mesure de vous en faire sa généalogie si vous le désirez.





Participation gratuite.


Organisé par le Comité du Pays de Nied







Cette randonnée sera agréablement suivie par un Super Loto au Vieux Lavoir à partir 19h00. Début des jeux à 20h00.


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NB : Cette marche a fait l'objet d'un article paru le 8 avril 2009 dans le journal local. On peut y lire que cette marche fut un franc succès. Si le compte rendu nous éclaire peu sur les véritables origines de notre bildstock, on peut néanmoins y noter avec satisfaction la nécessité de  sauvegarder notre calvaire qui menace de s'écrouler si on n'y prend garde.

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 16:45

 

Freistroff 23mai2010 833

Château Sainte-Sixte versant sud - 23 mai 2010 -


La terre, seigneurie et paroisse de Freydorff ou Freistroff sur Nied, à six lieues de Metz, consiste au chef-lieu de ce nom, dans lequel est un grand, et autrefois deux forts châteaux, avec doubles fossés et pont-levis, et en quatre villages : Anzeling, Edling, Diding, Guiching, et la cense de Vintrange.


Le possesseur moderne dudit château est François-Louis-Joseph-Luc, baron Schenek de Schmidtbourg, au nom de son épouse Marie-Thérèse, baronne d’Eltz, unique héritière de ladite terre et seigneurie.


La terre de Freistroff paraît avoir tiré son origine des comtes de Freydorff. On appela la terre ou seigneurie du nom de ces seigneurs, Freydorff ou Freistroff, qui signifie en français franc-aloeuf (alleu) ou ville-franche, parce que les sujets de cette terre ne servaient anciennement qu’à leur seigneur dans son district.


L’an 1022, Beringer de Freydorff, fit un testament et disposa du comté de Freydorff en faveur de Sigefrid, comte de Viltzbourg, comme le prouvent les termes dudit testament écrit en latin.

Quatenus bona et jura, ope et marte servata, sine heraede non desinant, haeredem meum instituo Sigfridum comitem Viltzburgensem, nepotem et consanguinem meum.

 

Freistroff 23mai2010 866 château

Le testateur nomma en outre, en cas d’extinction de la famille de Viltzbourg, par forme de substitution, le comte de Grineck et Rudolph, en ces termes :

Casu, quo Sigfridus, eomes Viltzburgensis, haereditatem non capit, sive Sigfridus et successores Viltzburgenses sine haerede sunt, Grinecktium comitem et Rudolphum nobilem Eltzianum legitimos haeredes quorunicumque eorum specialiter substituo, qui in comitatu de Freydorff, insignibus armis, et omni possessionum jure, et jurium servato ordine invicem succedent.


Il est encore exprimé par le même titre que les successeurs ne changeraient jamais le nom appellatif de cette terre, Freydorff, dont voici les termes du testateur :

Ità tamen, quo comitatus de Freydorff nomen, quod ab ortu meorum Atavorum traxit, apud se et suos successores perpetuo’ mancat.


Ce testament est scellé des armes du testateur et finit comme suit :

Meam ultimam voluntatem in publicum do, ut omnibus et singulis noteat. Datum et actum more castrensi sub sigillo meo Comite XIIII, calenda Ms. Anno millesimo vigesimo secundo, Henrico secundo imperatore regnante.


En 1295, il y avait deux châteaux appelés le château haut et le château bas.


Bémond Gomer, comte de Viltzbourg, représentait pour lors le seigneur du haut château et avait les qualités de châtelain.


Regnier et Elisa, son épouse, représentaient le seigneur du bas château qui était un fief noble héréditaire.

Freistroff chateau goths

Château de Freistroff, an 2002


Contestation survint à cette époque entre ces deux seigneurs, à cause de la châtellenie : sur l’arbitrage de Simon comte de Salm, Ferri comte de Choiseuil, et Jean de Germiny, les difficultés ont été composées et décidées.


Cette transaction est scellée avec cinq sceaux y appendans. Volfgang Adolphe et Friderich Ernest, barons d’Eltz, ayeuls et respectivement grands-pères de madite dame de Schmidtbourg, ont réuni avec ces deux châteaux, la châtellenie en 1699.


En 1301 Virion et Regnier de Freistroff , frères, citoyens de Metz, reprennent de Ferri, duc de Lorraine, en hommage, le château de Freistroff ; la haute justice réservée au duc. L’acte est passé par Gérard évêque de Metz.


En 1471, le jeudi après la saint Rémy, Henri de Warsberg écuyer, reprend au nom de Fulker d’Ellentz, son beau-père, le château de Freistroff, avec ses dépendances.


En 1474, le jour de la translation Saint-Nicolas, Henri de Wasperg, écuyer reprend du duc René II le château et revenus de Freistroff, en fief héréditaire.


En 1457, la veille de la fête-Dieu, Foulques d’Ellentz, Voué de Vinkringen, reprend de Jean, duc de Calabre et de Lorraine, le château de Freistroff, et la haute justice, à la dédicace dudit lieu, et les amendes pendant l’année.


En 1493, le jour de saint Brice, Guillaume de Warsberg reprend de René II pour amélioration de son fief, la haute justice de son château de Freistroff. La haute justice lui avait été donnée par le duc, en 1492.


En 1497, le 25 mai, le duc René II donne la haute justice de Freistroff, à Villaume de Vasperg.

 

Freistroff 23mai2010 776


En 1555, le 12 juin, Philippe de Warsberg, tant en son nom, que comme tuteur des enfants de son fère Jean de Warsberg, et de Marguerite d’Helmstat sa femme, à savoir Samson et Jean. Item au nom de Jean et Jean Fauste de Strombourg, à cause de Christine de Putelange, femme audit Philippe. Item Catherine d’Helmstat, veuve d’honoré sieur Philippe de Libestein, tant en son nom, que comme tutrice de Philippe, Jacob, Jean, Otto, Fraultz, Frideric et Anne ses enfants, tous ensemble, seigneur de Freistroff, en font les reprises de S. A.


En 1357, il y a une reprise de Samson de Varnsberg, vicomte de Reincek. En 1625, le 6 août, Samson de Warsberg, reprend par Vautier de Warsberg, du duc Charles et Nicole, la moitié du château et seigneurie de Freistroff, dont l’autre moitié est aux sieurs Jean-Paul Fauste de Strombourg et Christophe de Livestein. Idem les trois quarts ès villages de Pheningen, Eblingen, Bichingen, Tutting, Holdingen et Rumelfangen, la moitié d’Enseligen ; l’autre moitié étant à S.A.


En 1613, Samson de Warsberg, reprit du duc Henri.


En 1665, le 25 mai, Jean Edmond, baron Walpot de Baseinheim, reprend par procureur, la moitié du château et seigneurie de Freistroff.


En 1666, le 7 avril, François Philippe de Vignéville du Sars, reprend de S.A. le quart de la seigneurie de Freistroff.

 

Freistrof vu de Remelfang Freistroff, vue de Remelfang, an 2000


Outre l’église de l’abbaye située sur le bord gauche de la Nied, il y a encore à l’autre extrémité du village de Freistroff, une église paroissiale, elle est petite et ancienne, et il en dépend plusieurs hameaux ; l’abbé de Bouzonville est collateur et décimateur, le curé est à compétence. Diocèse de Metz, baillage de Bouzonville, cour souveraine de Lorraine.

 

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 09:23

En 1680, après le traité de Nimègue, que le duc Charles V n'avait pas voulu accepter, le roi Louis XIV demeura maître de la Lorraine. Comme Vaudrevange était fort diminué par le malheur des guerres, le roi fit ruiner cette ville et n'y laissa que très peu de bâtiments :  à quelque distance de là, sur le même côté de la Sarre, il fit construire une très belle forteresse, une ville qu'il nomma Sarre-Louis, et qui est de ce côté-là un poste important.

Depuis ce temps-là Vaudrevange n'est plus qu'un village du diocèse de Trèves. La montagne au pied de laquelle était bâti la ville de Vaudrevange, se nomme Limberg, que l'on distingue en haut et bas Limberg. Le Haut-Limberg est un village commencé en 1706, à gauche de la Sarre, à deux lieues de Bouzonville. Le Bas-Limberg est un autre village, sur la partie de Vaudrevange, restée à la Lorraine, à une demie-lieue du Haut-Limberg.

Limberg est un ermitage et chapelle dédié à la Sainte-Vierge, bâti sur la montagne de Vaudrevange en 1680, par l'entrepreneur des fortifications de Sarre-Louis. Le roi de Pologne Stanislas 1er, duc de Lorraine, donna cet ermitage aux carmes déchaux de Lorraine, le 30 juin 1751, pour y établir un hospice de leur ordre.

Les auteurs Lorrains qui ont traité des particularités qui se trouvent dans la province, ont aussi parlé de la carrière d'azur qui se trouve à Vaudrevange. Le minéral se trouve par grumeaux de la grosseur d'un pois ou d'une noisette enveloppés de sable, que l'on ôte pour nettoyer et découvrir l'azur. Les peintres se servent de cet azur pour peindre en bleu.

On trouve aussi à Vaudrevange, des mines de cuivre, de plomb et même d'argent. Ces mines ont été de nouveau ouvertes il y a quelques années, et on y a travaillé avec succès. On est parvenu en creusant jusqu'au lieu où les anciens avaient poussé leurs travaux, et on y a trouvé les outils anciens, rangés en leurs lieux. Ces carrières ou mines sont d'une étendue et d'une profondeur prodigieuses, parce qu'on en a tiré une quantité extraordinaire de pierres à bâtir.

Il y a à Vaudrevange un couvent de religieux augustins.

Il y avait ci-devant encore à Vaudrevange un couvent de capucins, qui en 1692, fut transféré à Sarre-Louis.

Quoique toute la Lorraine ait été rendue au duc Léopold, fils du duc Charles V, en vertu du traité de Risvic, néanmoins Sarre-Louis par l'article 32, a été réservé au roi de France, avec une demi-lieue de terrain autour de la place. Comme cette forteresse était trop resserrée, et que cela incommodait la garnison, le duc de Lorraine, par le traité de 1718, a cédé à la France cinq villages voisins de Sarre-Louis et l'emplacement de Vaudrevange, avec les bâtiments qui y restent, et qui multiplient de jour en jour. Cette cession fut faite moyennant un certain dédommagement qui lui a été donné.
 

 

Sarrelouis-église St Louis.jpgLa ville de Sarre-Louis est bâtie sur le territoire de Listroff, où l'abbé de Vadegatz est seigneur haut justicier, moyen, bas et foncier. Elle est située dans l'isthme d'une presqu'île que forme la rivière de Sarre, sur laquelle elle est bâtie. Sa figure est un hexagone régulier de six bastions, sur les plans du maréchal de Vauban. Le côté qui est sur la rivière, est plus étendu que les autres; au-devant des courtines sont placés des petits ouvrages tenailles : cinq de ces fronts sont couverts d'autant de demi-lunes, le tout revêtu de bonne maçonnerie. Le fossé qui entoure tous ces ouvrages, et qui est accompagné d'un bon chemin couvert, est plein d'eau : au-delà de ce chemin couvert règne tout autour un avant fossé dans lequel on a élevé neuf redoutes, revêtues de pierres. Cet avant-fossé est défendu par un autre chemin couvert, du côté de la terre, c'est-à-dire depuis le retranchement des capucins jusqu'à la rivière. On entre dans Sarre-Louis par deux portes diamétralement opposées : les rues de la place sont fort régulières, et laissent entr'elles une grande place carrée, sur un des côtés de laquelle est l'église paroissiale, et de l'autre côté la maison du gouverneur.

Le 29 avril 1685, le roi Louis XIV donna sa déclaration par laquelle il donne à la ville de Sarre-Louis l'exemption de droit d'entrée dans la ville et de sortie d'icelle, faculté de faire commerce de toutes sortes de marchandises et manufactures, sans payer aucun droit d'entrée et de sortie; comme aussi exemption de la taille et subvention, de quartier d'hiver des troupes, etc., permet d'y établir foires et marchés avec un siège de justice.

Sarre-Louis est du diocèse de Trèves. Il y a un couvent d'Augustins, celui des PP. capucins est à un quart de lieue de la ville.

Le bailliage de Sarre-Louis a été créé par édit du mois de février 1685, et le présidial par le même édit; il est régi par la coutume de Lorraine, rédigée et homologuée par lettres-patentes de Charles III, duc de Lorraine, des 17 mars et 16 septembre 1594.

Le corps de l'hôtel-de-ville est composé d'un maire royal ancien et alternatif; de deux échevins électifs, d'un secrétaire-greffier, d'un procureur syndic, et dun sergent de ville. Ces officiers sont chargés de l'administration des biens et revenus de la ville.

Il y a à Sarre-Louis un corps de casernes, qui est ordinairement occupé par quatre bataillons et deux escadrons. Il y a un hôpital militaire.

Le corps du génie est composé d'un directeur des fortifications, d'un ingénieur en chef, et de plusieurs ingénieurs ordinaires.

En 1755 et 1754, il y a eu des camps à Sarre-Louis, l'un et l'autre commandés par M. de Chevert, lieutenant-général, sous les ordres de M. le maréchal duc de Bellisle. Le quartier général était au village de Listroff, à un quart de lieue de la ville.

Voici les noms des communautés qui sont dans le ressort du bailliage de Sarrelouis. La ville de Sarre-Louis, Beaumarais, Enstroff, Frauloutre, les censes de Favart et du Houssart, Listroff, Roden, Sainte-Marie, cense, Valdrevange. Tous ces lieux sont du diocèse de Trèves.

Les villages de la route cédés en exécution de l'article XIII du traité de 1661, ressortissent au même baillage, et sont régis par la coutume de Lorraine. Ces villages sont Donnelay, Gelucourt, Juvelize, le Fief de Kraffzel, Lézey, les Récourts : ces lieux sont du diocèse de Metz.




Source : Notice de la Lorraine qui comprend les duchés de Bar et de Luxembourg, par Augustin Calmet, Tome 2, 1840
Harward College, Hohenzollern Collection
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  • : Hestroff, village de la Moselle francique
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  • : Hestroff avant, pendant, après, de 1680 à 1789, 1939-45, 2009, 2010, 2011. Ses habitants, son histoire, sa généalogie, son actualité. Histoire et généalogie pays de Nied, Metz, Moselle
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