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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 20:27
En date du 1er décembre 2008, nous vous avions évoqué un projet de tournage d'un film dans la région de Saint-Vith dans l'Ardenne belge. Le réalisateur de ce film souhaitait des témoignages provenant de ceux qui avaient cotoyé les GI's de race noire avant ou juste après l'offensive ardennaise. Notre demande n'a eu aucun écho. Aussi interrogez vos parents, grands-parents. Toute anecdote est susceptible d'enrichir le scénario de ce film.
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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 20:25
Dans un village où personne ne parlait l'anglais, la langue de communication, selon les derniers échos, semblait être l'italien. Le régiment de Patton qui s'engouffra dans le village cet après-midi du 18 novembre 1944, comprenait de nombreux Blacks mais aussi des Italo-américains.

Quand Marie-Louise fut menacée par un soldat américain qui lui exprima toute son hostilité car son mari combattait sous drapeau allemand, après un petit compte à rebours, elle se rappelle que ce soldat était d'origine italienne et qu'il s'entretenait beaucoup avec les filles SALINA.

Comme nous le savons maintenant, Camille KIEN a pu établir des relations plus étroites avec certains GI's grâce à ses connaissances de la langue de Dante.

Ce que nous ignorions par contre c'est que Ottorino PERINI, grâce à sa langue maternelle, a empêché les GI's de détruire le village comme ils en avaient l'intention...

Nous vous avions dit qu'à cause de notre parler local les Américains se croyaient déjà en Germany... En terre ennemie, leurs humeurs étaient franchement belliqueuses et non pacifiques. Selon Yvonne Perini, Hestroff aurait donc été sauvé grâce à l'intervention de leur père. Les insoumis et les réfractaires de Hestroff auraient également échappé à leur courroux si Ottorino ne leur avait pas tracé un bref historique.

Et puis il y eut cette malheureuse cloche qui au lieu d'annoncer la bonne nouvelle rendit les troupes américaines furieuses et suspicieuses.


A propos des tirs croisés entre le bunker en face de la Geissenmillen et les Américains qui prirent leurs quartiers dans le village, Angèle HARTER-DEMMERLé a précisé qu'un autre char américain stationnait au Bruhlgarten et tirait en même temps que le char devant chez Camille Kien.
Tanks américains brulgarten
Les Allemands de leur bunker sur le Hinckelsberg n'auraient tiré qu'une seule fois quand la cloche se mit à sonner. Les Américains auraient riposté par longues rafales.


Madame Demmerlé semble aussi savoir que les deux soldats allemands ont été tués ainsi que deux prisonniers russes qui après saboté les armes allemandes avaient évité une catastrophe à Hestroff.

Hélas, les GI's n'ont guère fait dans la dentelle.
.. et ont empêché Hestroff de remercier ces deux héros dont le destin funeste fut de venir grossir in extremis les rangs des nombreux camarades slaves qui avaient déjà laissé leur vie dans notre région.














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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 00:00
Après avoir littéralement terrorisé le marchand de vin Christian STARCK et son épouse Anna NADé, lui avoir vidé sa cave, nos braves GI's s'en sont pris aux particuliers. Nous nous sommes déjà fait l'écho d'une sombre histoire de schnaps qui s'était déroulée chez le Paté Chaadlé.

Aujourd'hui, Alice KIEN-FANTIN nous raconte ses propres expériences.

Le schnaps semblait avoir sérieusement tourné la tête à nos GI's. 3 ou 4 lascars se sont également présentés chez Camille KIEN, le père d'Alice. Alice se rappelle que son père avait refusé itou. L'un des GI's, particulièrement mauvais, mit alors en joue le père Kien. Derrière lui se tenait un compère qui semblait être de meilleure composition. Il fit discrètement signe à Camille en lui montrant sa main pleine de cartouches pour lui faire comprendre que la mitraillette qui le menaçait n'était  pas chargée.

Par la suite, Camille sympathisa avec quelques GI's qui vinrent régulièrement chez lui prendre leur petit péket. En échange, la famille Kien eut du chocolat, un savon désinfectant rose très vif que la maman Marie GEANT utilisait parcimonieusement, même des chaussures.

Alice se rappelle que tout ce petit trafic se faisait très discrètement, les GI's prenant la porte de service pour ne pas se faire remarquer par les autres camarades. Parmi eux un Italien, un dénommé SUSELLI, petit de taille, cheveux noirs. Il avait plus ou moins la quarantaine. Il laissait derrière lui un bistrot aux States. Aussi, était-il fin connaisseur en gnôle et appréciait parculièrement le schnaps du Camille. De plus, Camille, forgeron de son état qui avait beaucoup travaillé avec les ouvriers italiens lors de la construction de la Ligne Maginot, avaient plus que des notions de base dans cette langue. Il y eut dialogue. C'est ainsi qu'il sut que si le dénommé Suselli avait laissé derrière lui son saloon, que son compagnon plus jeune, la trentaine environ, type cow-boy, avait délaissé sa ferme pour venir combattre en Europe. Les deux n'étaient pas mariés.


PS :
Les Messins fêtèrent l’armistice avec les GI’s, mais les autorités américaines craignant les débordements de leurs hommes avaient demandé l’interdiction de la vente d’alcool.
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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 00:00

Robert WAGNER, né le 13 octobre 1895 à Lindach près d'Eberbach sur le Neckar est mort fusillé le 14 août 1946 au Fort Ney à Strasbourg. Il fut Gauleiter du Oberrhein (Rhin supérieur) qui englobait le Pays de Bade et l'Alsace. Il faisait partie des fonctionnaires nazis les plus importants pendant le 3e Reich.

A l'avancée des Alliés, Wagner s'enfuit en novembre 1944 et passa le Rhin. Jusqu'au bout, il essaya de leur opposer une résistance militaire. Il menaça de la peine de mort tous les hommes à la tête du « mouvement », s'ils essayaient de s'enfuir. Le 31 mars 1945, il menaçait encore des tribunaux d'exception tous les « éléments criminels », s'ils « arboraient des drapeaux blancs à l'approche de l'ennemi ». À la fin de la guerre, il se cacha d'abord comme domestique dans une ferme. Après avoir appris la mort de sa femme, qui n'était autre que la belle-soeur de Marie-Joséphine HANN de Hestroff, il se rendit à Stuttgart aux Américains, qui le livrèrent aux Français.

Le 3 mai 1946, le tribunal militaire de Strasbourg le condamna à la mort en raison des crimes qu'il avait commis en Alsace, c'est-à-dire l'expulsion en masse de 20 000 personnes en 1940, la création du camp de Schirmeck et les pressions sur le tribunal spécial de Strasbourg, cause d'un grand nombre de condamnations à mort.

Jusqu'à la fin, Wagner ne cessa de « croire » en Hitler.


Son neveu Robert né à Hestroff en 1919, était pilote dans la Luftwaffe. Son avion fut abattu en 1942.

Les Hann... ont-ils été expulsés de Hestroff à cause de leur alliance avec Robert Wagner ?

Lire : http://www.calixo.net/~knarf/guerre/malgre/malgre.htm

 

 


PS : Ce serait Robert Heinrich Wagner qui aurait persuadé Hitler d'introduire le service miitaire obligatoire en Alsace-Moselle. Ce service entra en vigueur le 25 août 1942. 130000 Alsaciens et 30000 Mosellans se retrouvèrent sur le front de l'Est. La plupart furent affectés dans la Wahrmacht. La moitié de la classe 26 fut cependant versée d'autorité dans la Waffen-SS.

 

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:00

Notre souci de reconstituer le plus fidèlement possible la journée du 18 novembre 1944, suite aux derniers témoignages de Roland et d’Alice, nous a fait prendre contact avec Gérard NADé de Moulins.

 

Gérard, 11 ans, était réfugié au n° 13 à Hestroff avec son frère Guy et sa maman Berthe chez la cousine Céline NADé, épouse du Paté Chaadlé.

 

Hestroff_brunnenL630.jpgEn arrière-plan les n° 13 et 14 avec leurs portes de grange à l'ancienne au début du 20e avant incendie en septembre 1944. La maison d'angle fut arrachée après guerre.

 

Quand le n° 13 fut pris comme cible par un avion américain au cours du mois de septembre 1944, Gérard y était et s’en rappelle fort bien. L’étable dut être évacuée en grande hâte, on chassa la truie et ses petits dans le jardin, de grandes flammes sortaient de partout. Tous les voisins accoururent pour aider à éteindre l’incendie qui se propageait à la maison voisine.

 

Le refuge étant devenu indisponible,  la petite famille de Metz-Sablon fut relogée au presbytère où elle fut accueillie par l’Abbé Mohnen, nouveau pasteur de la communauté, et sa soeur Madeleine.
 

Hélas, quand à la journée du 18 novembre 1944, Gérard n’a pas gardé de souvenirs. Il ne sait même plus si sa famille était encore à Hestroff à ce moment-là ou si elle était déjà de retour à Metz. De la présence américaine à Metz, il s’en rappelle fort bien et a beaucoup d’anecdotes à nous raconter. Mais nous c’est Hestroff qui nous intéresse. Aussi attendons-nous d’autres témoignages susceptibles d’écrire un scénario tenant la route.

 

Gérard Nadé, longtemps trésorier de la Société d’histoire et d’archéologie de Lorraine (SHAL), oeuvrant toujours avec son frère Guy pour la sauvegarde de l’histoire du Sablon, nous avait bien soulagée, il y a quelques années déjà, au sujet de cette histoire de cloche sonnée par Alice BLUME.  En évoquant cette cloche avec feue Catherine SCHNEIDER, d’autres personnes présentes, nées bien après la fin de la guerre, avaient contesté cette version sous prétexte que toutes les cloches du pays avaient été sacrifiées pour en faire des canons. Donc ce 18 novembre 1944, personne n’était en mesure de sonner une cloche qui n’existait plus… Ces affirmations nous troublèrent. Or, avant de mettre en doute ce que les parents nous avaient maintes et maintes fois répété, nous avions pris contact avec Gérard. Ce dernier nous délivra d’un grand fardeau en nous confirmant la présence de cette cloche que lui-même, à la demande de l’abbé Mohnen, faisait sonner chaque dimanche. Il nous rappela même qu’il y prenait grand plaisir et qu’elle se trouvait à l’entrée de l’église.

 

Maintenant que des échanges de tir viennent se rajouter à notre fameuse cloche…, toujours soucieuse de vérité, nous avons continué nos investigations auprès de MLH. A ses dires, elle nous rajoute avoir rapporté cette histoire de cloche, non pas parce qu’elle l’avait entendue ce jour-là – les tirs d’ailleurs non plus -, car se trouvant à l’intérieur de la maison du beau-père probablement trop excitée, mais parce que le lendemain tout le village en parlait. Nous vous avions d’ailleurs, à ce propos, parlé du courroux des GI’s.

 

Avec les nouveaux témoignages de Roland et d’Alice, le voile se lève un peu plus. La panique engendrée dans le haut du village cet après-midi là … c’était parce que deux  Allemands, planqués dans un petit bunker face au Moulin des Chèvres, la Geissenmillen, avaient instantanément réagi aux premiers raisonnements de la cloche. Avaient-ils repéré avec une longue vue la silhouette du tank stationné devant la forge de Camille KIEN ? La cloche ou les "cloches" ont-elles trahi l'avancée américaine ? Plus que probable...

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 07:55
18 novembre 1944. Hestroff est libéré
19 novembre 1944, lendemain de libération


Roland HACKSPILL, 5 ans et demi au moment de la libération de Hestroff par les troupes de Patton, a été lui aussi marqué par l'arrivée des soldats américains. Tout comme leurs voisins, les BOTTER, les Hackspill habitant les premières maisons de Hestroff en venant par la route d'Ebersviller, furent les premiers à être "visités" par nos libérateurs.

Hes-18nov39-Botter-1.jpgMaisons Botter et Hackspill, route d'Ebersviller, aujourd'hui rue des Noyers

Deux images fortes s'imposent encore à sa mémoire. Il a vu ce que Marie-Louise a raté, c'est-à-dire le char en tête suivi de deux colonnes de soldats. Marie-Louise en fouillant dans sa mémoire ne savait plus nous dire s'il y avait une ou deux colonnes. Mais au moment où elle aperçut les soldats, elle en était tellement émue qu'on peut comprendre que sa mémoire soit encore brouillée comme elle l'affirme.

Quant à Roland, une autre image s'impose encore à lui. Il revoit sa petite soeur Josette dans les bras de sa maman.
Elle portait un ruban tricolore dans les cheveux. Josette venait de fêter son premier anniversaire une semaine auparavant.

Roland nous dit aussi, sans préciser si cela s'est passé le 18 novembre, que  les allemands les ont accueillis avec 2 coups de "schrapnell" auquels ont répondu les G'is par 2 de canon de tank mettant hors d'état de nuire le canon dans le fort en face de la Geissemuhle puis ont rejoint la colonne qui arrivait de Metz.

Nous n'avions pas connaissance ni d'un échange de tirs ni d'une autre colonne qui arrivait de Metz ce 18 novembre 1944. Or avec le souci de rétablir la chronologie des faits - nous sommes parfois comme St Thomas -, nous avons relancé une autre mémoire sans faille : Alice KIEN-FANTIN, 11 ans au moment des faits. Elle confirme les dires de son cousin Roland et précise même qu'il s'agissait de deux soldats allemands retranchés dans le bunker, face à la Geissenmillen, plus visible de nos jours, qui ont tiré sur le haut du village dès qu'ils eurent entendu sonner la cloche !  Même qu'Alice BLUME ne fut pas seule à la sonner et qu'elle était accompagnée par Emilie SCHILTZ . Un char américain stationné à la hauteur de la forge de son père riposta ce qui fit éclater les vitres de l'atelier .


En demandant au cours du déjeuner à MLH de refaire un effort de mémoire et de se rappeler des coups de feu, elle a souri : "Je t'avais bien dit que quand je les ai vus je suis restée sur place un certain temps transformée en statue de sel..."

Entretemps, Roland de sa Savoie adoptive vient de nous confirmer que les tirs eurent bien lieu ce 18 novembre : Le tir des Allemands a eu lieu lorsque le premier char était à hauteur de la maison Botter
. Un éclat de chrapnell a frappé le mur à un mètre de moi (j'étais sur le pas de la porte ). J'ai ramassé ce morceau de fer et je me suis bien brulé avec. Crois-moi cela reste comme souvenir
.


PS : Le général George PATTON, général américain qui commanda les divisions blindées de la IIIe armée U.S d'Avranches à Metz, dut compter du 29 septembre au 4 octobre avec une contre-attaque allemande sur Nancy. Il maîtrisa la situation avant de pousser en direction de la Sarre et de la ligne Siegfried. Metz fut atteint en novembre 1944  pendant que Leclerc, rattaché à la VIIe armée U.S., fonça sur Strasbourg qui sera libéré le 23 novembre. A Metz, Patton rencontra une forte résistance de la défense allemande. La bataille de Metz ,qui dura plusieurs semaines, se solda par de lourdes pertes pour les deux parties.


Biographie des principaux acteurs de la seconde guerre mondiale













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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 18:42
Libérez vos paroles !


Un ami très cher vient de nous contacter dans le cadre d'un prochain film qui devrait être tourné dans la région de Saint-Vith dans l'Ardenne belge. Ce film, dont le producteur est un proche de Spielberg, se focalisera essentiellement sur les Afro-Américains de la 969th FAB et les rescapés du 333rd FAB, deux unités noires dont les actions ne sont pas encore bien connues ni reconnues.

Le thème principal du film s'articulera essentiellement autour des 11 GI's noirs massacrés le 17 décembre 1944 à Wereth par
la 3./SS-Pz AA 1 LSSAH.

Ces deux unités remontaient de Colmar vers les Ardennes. Peut-être se sont-elles arrêtées un court instant par chez nous ?

Le producteur de ce film est à la recherche non pas des faits historiques connus, mais des témoignages relatifs au quotidien des GI's noirs lors de leur passage en nos terres (voir le témoignage de MLH lors de la libération de Hestroff le 18 novembre 1944).

Pour information,
la région de St-Vith faisait partie de la Prusse avant la Première Guerre mondiale après laquelle elle fut rattachée à la Belgique puis annexée 20 ans après par les Nazis.

Grand dilemne pour cette région frontalière qui se sentait plus allemande que belge. Aussi nos libérateurs américains n'y furent pas reçus avec le même enthousiasme qu'en France.

Si nous ne partageons pas la même histoire avec cette région, nous avons toutefois en commun des affinités culturelles basées sur une même langue : le francique

N'hésitez-pas à visiter le U.S. Memorial Wereth, V.o.E. en hommage aux  11 soldats Afro- Américains du 333rd Field Artillery Battalion et à tous les soldats noirs américains qui combattirent en Europe pendant la Seconde Guerre Mondiale.

 

 

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Voir Wereth Massacre





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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 04:39
19 novembre 1944, lendemain de libération

Les soldats du Général Patton s'installent à Hestroff pour y hiberner au moins jusqu'à mi-février 1945.

Les gens du village leur font la fête mais rien à voir avec la liesse qu'a connue Paris. Dans nos villages les gens ont la joie discrète.

Chez le Hévan's Camille - Camille HACKSPILL - célibataire, occupant une grande maison transformé en tripot lors de l'occupation, plusieurs GI's y trouvent breakfast omelet. Autant dire que tous les lits y sont occupés.

Au Café Lorrain, chez Hyppolite MAILLARD, nos Blacks prennent plaisir à être servis par la jeune et jolie fille Slave, Katarina JAKYNIW.
En face, il y a le père STARCK, marchand de vin, à qui ils n'arrêtent pas de réclamer vino & schnapps...
A tout cela assiste notre gamin de 12 ans, Roger BEHEM, qui continue à être fasciné par ces faciès peu couleur locale distribuant chewing-gum à volonté...

Tout le monde semble heureux et pourtant...

L'envers du décor est que les GI's soupçonnent tout le monde d'être de collusion avec ceux qui se sont retirés. C'est vrai que dans ce village on cause quelque chose qui ressemble tant au german... Seraient-ils déjà en Germany ?

Les épouses des Malgré-nous toujours au front de l'Est sont molestées, très souvent suite dénonciation par celles qui, après avoir copiné ouvertement avec l'ennemi d'hier, n'hésitent pas à monnayer leurs charmes auprès des nouveaux conquérants. C'est ainsi que MLH s'entend accuser d'avoir un baby germany... De colère, ses premières notions d'anglais fusent... No ! French !

Certaines épouses, dont les maris étaient absents, eurent même la surprise de voir surgir dans leur chambre à coucher des GI's nus comme des vers... C'est que les braves se sentaient irrésistibles ou étaient en manque depuis leur débarquement en Normandie. Ce fut notamment le cas de la Foncin's Catherine et de la Louise Kètt. Certainement d'autres dames, qui se sont tues, ont-elles connu pareilles mésaventures ou pire...?

Bref, osons-l'avouer... nos libérateurs, trop souvent éméchés, commencent à agacer la population qui subit depuis plus de 4 ans l'irréparable. L'exode, l'exil, les privations, les hommes obligés de faire la guerre sous un drapeau qui n'est pas le leur; plus d'une semaine de tirs croisés entre la Floss, m'Harainville et la colline de Gomelange ébranlant les murs et faisant trembler les lits. Mais surtout ce manque de respect, cette désinvolture auxquels leur éducation rurale ne les avait guère préparés.

Reliquat de ce que fut le fortin de m'Harainville où une batterie d'artillerie américaine avait pris place dès le 19 novembre 1944

Les ex planqués, suspectés de complicité, ne font pas trop bon ménage non plus avec tous ces hurluberlus. En réalité certains règlements de compte commencent déjà... Et ceux qui ont le plus de drèck am spèck ouvrent "leur grande gueule"...

La méfiance s'installe... Un jour, le Paté Chaadlé prit sa hack pour aller aux champs. Un GI lui dit "I come with you to fields". Jean-Charles Nadé, sous sa moustache blanche, grommela à voix basse à l'encontre de sa Céline : "Pass noomen op... dé loo faschtén alles vat ma saan...Dèa wél mét mïa én det feld géén" (fais seulement attention.. ceux-là comprennent tout ce que nous disons... Il veut m'accompagner au champ).

Si 70 ans après tous nos parents vouent toujours une reconnaissance sans faille aux forces américaines qui ont perdu tant des leurs pour les libérer, force est de constater que la discipline régnait davantage dans les rangs de l'armée allemande. Les soldats de la Wehrmacht respectaient nos femmes. Il n'y eut pas de pillage. Les femmes n'eurent pas besoin de se cacher et trembler pour leur vertu.

La plupart étaient de pauvres gars, comme les nôtres, obligés de faire la guerre. Ils ne s'en cachaient d'ailleurs guère auprès des habitants. Rien à voir avec les féroces SS dont eux aussi étaient victimes.


NB :
L'attaque de Metz par la 3e armée américaine de Patton rencontra une forte résistance de la défense allemande et se solda par de lourdes pertes de part et d'autre. La bataille dura plusieurs semaines entre septembre et décembre 1944.


















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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 00:05

18 novembre 1944. Hestroff est libéré


Hier, 18 novembre 1944, Marie-Louise HUMBERT ne fut pas seule à assister à l’entrée des GI’s à Hestroff. Elle ignorait que le jeune Vincent BOTTER, 15 ans, se tenait à l’arrière de sa maison quand il vit dévaler des soldats américains du Chelenberg.

 


Hélas, Vincent nous a quittés brutalement et n’a pas pu nous livrer complètement ses premières impressions. Même chose pour son ami Roger BEHEM, 12 ans à ce moment-là, qui nous raconta avoir été impressionné, quant à lui, par la peau très noire des soldats. Tout juste s’il avait vu un Noir en image dans sa Bible…

 

MLH est incapable de nous dire si les GI's venaient d’Ebersviller ou de Hobling. Vincent Botter supposait que ceux qu’il avait vus devaient venir d’Aboncourt et avaient dû traverser le Hohwald.

 

N’empêche que les GI’s firent irruption dans les maisons Botter, Hackspill et les voisins par devant et par derrière en même temps. Tout semblait bien coordonné. Il apparaît clair aujourd’hui qu’un de leurs éclaireurs leur avait garanti le champ libre.

 

Le 18 à la nuit tombée, Marie-Louise rejoint m’Harainville très excitée, heureuse des derniers événements. Elle ne se rappelle plus à quel moment exactement Alice BLUM courut à l’église pour faire sonner la seule cloche qui avait échappé à la fonderie teutonne. Elle se souvient néanmoins que cette manifestation de joie fut stoppée net par nos libérateurs extrêmement courroucés… n’aurait-ce pas été une manière détournée d'alerter les Allemands postés derrière la colline de Gomelange ?

 

MLH ne se rappelle pas non plus si son beau-frère François NADé, cet après-midi là, sortit de sa tannière. Il était caché depuis 3 mois dans la maison familiale dans un cagibi où même un chien aurait dépéri.

 

Par contre, elle se souvient de ceux qui ont quitté leur planque le lendemain 19 novembre. Parmi eux, Séraphin ALBERT, son beau-frère le Fitz, soit Joseph SCHMIT, caché dans le Backoofen du Nicolas VANDERNOTTE (ex maison EVRARD), Henri VELLEUR qui descendit du grenier de ses parents, son frère Charles caché dans la boulangerie DELLES, son autre frère Léon, qui avait dû quitter la maison Delles pour aller se réfugier dans le clocher de l’église et qui avait fini par se terrer chez la mère BLUM, et bien d’autres encore comme Alphonse MATHIS qui lui aussi avait profité d’une permission pour ne plus retourner au front de l’Est.

 

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 00:00

18 novembre 1944, un jour triste et gris. Le ciel est très bas et le village engourdi. Les troupes allemandes s’étaient repliées sur Gomelange. Ils n’avaient laissé que trois des leurs en faction en face de la maison Jauchen, à quelques pas de l’église. Autour d'un grand ploch, ils jouaient aux cartes pour tromper leur ennui. Ils semblaient être en attente d'on ne sait quoi...

 

Marie-Louise HUMBERT, pas encore 23 ans, maman d’un bambin de 14 mois, sans nouvelles depuis le 2 octobre de son Paulé à Berlin, décide d’aller glaner des pommes qui auraient pu être oubliées ça et là. II est à peu près 3 heures de l'après-midi. Ses parents sont là pour surveiller la sieste de son bébé. Aussi se met-elle en route.


Les temps sont durs. Comme partout ailleurs, il y a peu à manger au n° 92  ém’Harainville. Une petite compote viendrait à point pour son bébé.

 

En remontant le Borrenberg entre la Altschool et le Borren, en face de la Philomène's Anna, à part trois soldats allemands, elle ne rencontre pas un chat. Elle prend la direction d'Ebersviller jusqu'à la croix du Strochen bordant le sentier menant vers les vergers du Lammert.


Après une bonne heure de vaines recherches, le panier désespérément vide, elle décide de retourner sur ses pas pour traverser la route et aller chercher du côté des Klèèn Hesseln via les Dreiféissian. Là, peut-être, trouvera-t-elle quelques noix ou des nèfles ?

 

Route d'Ebersviller. En face Dreifüssen et Klein Hesseln. C'est ici que MLH vit les premiers GI's


En revenant sur ses pas, à 50 mètres de la route d’Ebersviller, elle voit brutalement des silhouettes casquées avancer en file le dos vouté et le fusil en avant… Elle en reste pétrifiée. En un instant sa vue se brouille. Tout se bouscule dans sa tête. N’avait-on pas chuchoté depuis quelques jours que les soldats américains n’étaient plus très loin ? Que c’était pour cette raison que les Allemands s’étaient repliés derrière la colline de Gomelange ?

 

Marie-Louise, toujours tétanisée, la peur au ventre mais la joie au coeur, ne sait que faire. A travers les arbres déjà bien dégarnis, elle voit les soldats s’engouffrer dans les premières maisons, chez les Botter, les Hackspill…

 

Entrée du village. Maisons Botter et Hackspill

 

Après 10 minutes, 1 demi-heure ou davantage, elle ne le sait plus, c'est le défilement d'un long cortège de jeeps et de camions. Le cœur en chamade, le panier toujours vide, elle pense à ses vieux parents et son bébé seuls à la maison. Il faut rentrer coûte que coûte. Les jambes en coton, elle s’avance lentement en prenant soin de ne pas faire de gestes brusques. Ne sait-on jamais... on pourrait lui tirer dessus...


La FlossLes soldats avaient investi toutes les maisons jusque chez les Caudy. Devant la Floss, une énorme batterie type DCA était déjà pointée vers la colline de Gomelange.

 

Où aller ? A droite, à gauche ? Ses beaux-parents, le Paté Chaadel et la Oma Céline habitent au n° 13 face à la fontaine ronde toute proche.

 

Alors, elle presse le pas tout en détournant les yeux de ces visages bariolés et pas vraiment amicaux. Elle n'a plus qu'une hâte. Annoncer la bonne nouvelle à ses beaux-parents.

 

Elle pousse leur porte : Paté Chaadel ! Kom schnèl ! De Amérikanan sén doo !

 


 

Le Ronten Borren à la fin du 19e

 

 

 

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  • : Hestroff, village de la Moselle francique
  • Hestroff, village de la Moselle francique
  • : Hestroff avant, pendant, après, de 1680 à 1789, 1939-45, 2009, 2010, 2011. Ses habitants, son histoire, sa généalogie, son actualité. Histoire et généalogie pays de Nied, Metz, Moselle
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